L’histoire de ce site

Comme vous l’avez constaté ce site est un guide d’achat culturel et en particulier (pour l’instant) des livres. Je n’ai pas eu à la base l’idée de faire un guide pour acheter des livres. Au contraire, j’ai une sainte horreur de tout ce qui est marketing… Pourtant, quand il s’agit de rendre un site populaire et en particulier dans l’art, c’est quasi peine perdue si l’on utilise pas des mécaniques publicitaires.

Sur le web, il y a des génies, de véritables pépites humaines qui tentent d’ensemencer le terreau stérile de la toile.

Pour ce premier journal de bord que seule une personne perdue sur ce site lira, je vais raconter la genèse de ce site.

Je suis arrivé sur le web totalement par hasard il y a de ça 15 ans. Au début comme tout le monde, je fus fasciné par la mine d’informations du web et puis j’ai eu envie découvrir le monde littéraire sur internet.

Cela faisait suite à ma rencontre avec ma compagne qui m’invita à tout quitter pour la rejoindre et écrire… ne faire que ça. Oublier mes anciens boulots, mes déroutes et faire connaitre au monde entier ma vision du monde. L’amour, la foi en l’autre, je ne sais pas…

Alors pour parfaire ma technique d’écriture, j’ai tout d’abord été sur un forum de poésie. Ce site s’appelait les méandres. Dans ce site, il y avait surtout des gens décalés, très amateurs d’art populaire et underground. Je fis alors la connaissance du créateur du site qui génial et fou, codait, écrivait, dessinait, jouait de la musique – un artiste total.

Moi, ancien magasinier ayant quitté l’école à 12 ans et issu du prolétariat, ne connaissait rien à Bansky, à l’happening art, à toute la contre-culture…

Je fus fasciné par cet univers nouveau qui m’ouvrait de nouvelles perspectives. Le webmaster du site de poésies s’appelait Laurent et avait environ 30 ans, moi 27. La peur de la sortie de l’adolescence et cette envie de transmettre un souffle humain au cyber froid nous rassemblait. n’était-ce pas un nouveau monde qui s’ouvrait ?

Laurent me dit alors qu’il connaissait des techniques pour faire connaitre nos textes. Ces techniques consistaient à utiliser les sites des différents réseaux sociaux de l’époque et d’y partager nos textes en masse. Ce que nous fîmes… Cela s’appelait le flood. Une technique normalement utilisée par les spammeurs. Nous voulions détourner l’idée du spam classique en un évènement créatif et joyeux.

Cela n’amusa pas grand monde….

Et puis, de mon coté, je restais enfermé dans le paradigme classique du « tu dois gagner de l’argent, l’écriture est un loisir, de toute façon, tu n’as aucun talent ».

Et là, j’ai eu l’idée d’aller m’intéresser de plus près à ce qu’était la promotion sur Internet, dont la technique du flood que nous utilisions faisait parti.

C’est alors que je m’apercevais que la technique que j’utilisais alors était en fait une méthode avancée de ce que l’on appelle le référencement. Je l’ai alors adapté pour m’en servir pour des projets web plus « lucratifs ». Mais le temps pressait, ma compagne allait accoucher et je ne gagnais plus d’argent, plus de chômage, pas de droit au rmi…

J’ai alors vendu des services de référencement de site web par le biais d’une auto-entreprise. J’arrondissais les fins de mois… Rien de fou, quelques centaines d’euros… Et puis le temps a passé… Les clients que j’avais référencé gagnait beaucoup d’argent et moi, je peinais à sortir un smic…

L’autisme de mon fils n’a rien arrangé à ma vie professionnelle. Vu que je ne rapportais pas suffisamment d’argent et que ma femme avait un boulot stable, je fus chargé de garder notre fils.

Ce fut une épreuve très difficile que de savoir que l’on avait offert à un enfant un monde qui le rejetterait… et en même temps, penser à l’avenir, au sien, au notre.

J’ai alors oublié l’écriture… non pas par choix, mais les instants étaient trop graves pour me concentrer sur cette tache égoïste. L’écriture a toujours été pour moi un exutoire, quelque chose qui me faisait mal. Je n’ai pas de plaisir à écrire, je le dois. Mais, ce que nous vivions était plus fort que n’importe quel mot… il n’y avait plus rien à dire. Toutes les musiques me rendaient triste, le bonheur n’existerait plus. A quoi bon parler ?

J’ai acheté lebaiserdelamatrice aux enchères, une vingtaine d’euros. Ce nom de domaine avait été abandonné par son ancien propriétaire. Mais je savais que ce site parlait de littérature et je me suis dit qu’un jour, il faudra que je fasse quelque chose avec.

Plusieurs années passèrent. Nous déménagions plusieurs fois au gré des écoles qui voulaient bien accepter et surtout respecter notre fils. Nous n’hésitions pas à partir si l’établissement faisait les choses à contre coeur. Je continuais à garder mon fiston 80% de la journée et a travaillé sur le web en même temps. Je gagnais un salaire correct. Et puis… burnout. Je tombais malade. Des douleurs inconnues me transperçaient le ventre, le dos, les cervicales, les cheveux blancs firent leur apparition. Je ne comprenais pas ce qui arrivait mais la colère montait.

Mon destin était souffrance ?

Moi, petit fils de résistants maintes fois décorés, cousin par la mère de Napoléon Bonaparte, cousin de Francis Carco. Moi qui devait trouver des nouvelles terres, sauver des gens, partir dans les étoiles rencontrer des nouveaux peuples. Mon destin était de voir grandir mon fils et de ne pas pouvoir l’aider ?

Mais, le courage est quelque chose de familier car durant toute ma vie j’ai eu peur.

Je ne pourrais pas sauver le monde, alors je vais sauver mon fils. Je vais vendre des livres ! Je vais toucher tous les gens, aller les chercher. ils viendront acheter de la connaissance tout en me permettant de gagner de l’argent et partir loin avec ma famille. Là bas où a dos d’éléphant j’entendrai le rire de mon fils faire vibrer tous les bouddhas assis. On mangera des poissons sur la plage que nous aurons nous même pêcher. On se brulera les doigts en se marrant, pendant que le soleil se couche et que l’on en a strictement rien à foutre.

C’est le baiser de la matrice, la caresse de la mécanique du web. Les mots à la pointe du fusil. Une dédicace du destin. Non, je n’ai pas fait tout ça en vain.

Le web sans mot n’existe pas, un monde sans mot n’existe pas, l’autisme n’existe pas. Je n’ai pas le choix.

5.00 avg. rating (99% score) - 1 vote

Quels sont les meilleurs romans d’amour de l’année

Next

Laisser un commentaire

DMCA.com Protection Status